Mes ancêtres
La pauvreté n’est pas un vice et encore moins un déshonneur,
disait-on dans ma jeunesse. C’est pourtant à cause
de ce malheureux désir de richesse qu'à la fin
du dix-neuvième et au début du vingtième
siècle se déclenche dans nos villes canadiennes,
et surtout dans nos campagnes, cette ruée vers le pays
des richards: les Etats-Unis.
Y a-t-on étanché sa soif de bien-être?
Quelques-uns y trouvent une vie plus facile, une table
mieux garnie. Par contre ils y perdent, ce qui
n'est pas un moindre mal, le trésor inestimable de la
vie de famille. D’autres, moins favorisés par la fortune,
y voient leur bien-être demeurer dans le statu quo et
même diminuer.
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Didace Fournier
et Philomène Hébert
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La plupart de ces derniers furent assez sages pour revenir
au pays de leurs ancêtres. Ils reprirent la charrue qui
donnait le pain nécessaire et qui les gardait plus près
de DIEU que le brouhaha des villes américaines.
Mon grand-père maternel, Didace, est l'un de ces
sages. Au printemps de l894, avec grand’mère Philomène
(HEBERT), la décision est prise d’aller tenter de faire
fortune au pays de l’oncle SAM. Ils louent alors la ferme,
au cas où…..
Le l3 avril l894, la famille quitte la maison. Elle
compte quatorze enfants dont sept en bas âge. Ma mère
ESTELLE est le bébé de la famille.
Jusqu’en l900, dans le foyer de DIDACE et de PHILOMÈNE,
les affaires vont bien, très bien même. Mais voilà qu’à
cette époque quatre oiseaux s’envolent du nid familial,
en plus du frère aîné qui doit retourner au Canada pour
raison de santé. Albertine qui n’a que vingt ans demeure
le seul soutien de la famille. Ses gages sont excellents
mais le loyer et l’entretien de la famille en exigeraient
le double. Le retour à la terre s’impose. Mes grands-parents
reprennent donc le chemin des ancêtres, laissant derrière
eux cinq enfants .
Mes parents 
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Le mariage de mes parents le 17
septembre 1912
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Ma mère, Estelle Fournier, est née le 4 juin l893 (décédée
le l4 juin l96l) dans un petit village en bas de Québec,
Honfleur, détachement de Saint-Anselme. Elle est de
la descendance de Nicolas Fournier, fils de Hugues Fournier
et de Jeanne Huguette de St-Etienne de Marans, évêché
de La Rochelle. Il se maria à Québec le
30 septembre l670 à Marie Hubert, fille de Pierre
Hubert et de Bonne Brie de St-Sulpice de Paris.
Mon père, Emile AUDET, né le 25 juin l889 (décédé le
l5 novembre l978) est originaire de Saint-Anselme, Comté
de Dorchester. Il est de la descendance de Nicolas
AUDET dit Lapointe (né en 1641) et arrivé
au Québec en l663. Ce dernier quittait une belle
province de France où on récolte le blé
, la vigne et beaucoup de fruits. Le Poitou est boisé
et contient d'excellents pâturages. Il fut confirmé
à Québec le 23 mars l664 par Mgr de Laval
et le l3 octobre l668 ,il occupa l'emploi fort honorable
de portier du château au palais épiscopal
de Mgr de Laval. Dans l'après-midi du 30
août l670, il se maria à une jeune Fille
du Roi âgée de quatorze ans du nom de Madeleine
Després, orpheline et fille de François
Després et de Madeleine Le Grand de la paroisse
de St-Sauveur de Paris. Des deux amoureux invités
à signer le contrat de mariage, Madeleine est la
seule à pouvoir le faire.
Ma mère avait à peine dix-neuf ans lorsqu’elle quitta
sa place natale pour prendre mari (le l7 septembre l9l2).
Ils vinrent s’établir à Saint-Hyacinthe où mon père avait
trouvé du travail chez CASAVANT (les orgues). Quelques
années plus tard, ils s’installèrent à Montréal où mon
père travailla comme menuisier pour le Canadien Pacifique
jusqu’à sa retraite.
Émile et Estelle avec l'aînée
Rachel âgée de quelques mois.
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Leur famille comptait onze filles dont l’aînée Rachel
décédée à l’âge de vingt-sept ans, le l8 décembre l942..
Egalement 3 garçons nés entre l9l5 et l92l, décédés en
bas âge. Aussi trois fausses couches. Quel courage!
La famille au complet en 1937.
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Je suis née (moi YOLANDE) le l4 octobre l929 (un samedi),
le mois où l’Amérique ne parlait que du krach économique. Il
est vrai que nous n’avons pas vécu dans la richesse mais
nous avions des parents en or, (leur avons-nous assez
dit) intelligents et bourrés de talents pour réussir à
se débrouiller malgré le maigre salaire que mon père rapportait
à la maison et heureusement avec les doigts de fée de
ma mère pour habiller tout ce monde et pour inventer des
recettes pour plaire à la famille. C’était réellement
un tour de force.
Comme mes sœurs aînées ont dû terminer leurs études assez
tôt pour aller sur le marché du travail afin d’aider
mes parents à boucler leur budget, je fus la première
à fréquenter un collège pour suivre un cours commercial
à raison de dix dollars par mois. C’était beaucoup d’argent
dans les années l944-45. Il en fut de même pour mes deux
sœurs les plus jeunes.Durant cette dernière année d’études,
j’ai travaillé les fins de semaine chez Kresge (magasin
à rayons), rue Sainte-Catherine, pour me faire quelques
sous pour mes dépenses personnelles.J’étais sur le point
d’atteindre mes seize ans quand j’ai déniché mon premier
emploi permanent comme commis de bureau chez des marchands
de bois de construction, Perrault & Perrault Limitée,
pour une période de quatre ans..
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Devant une cloche
BOLLÉE d'0rléans, France.
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J'ai travaillé ensuite comme secrétaire pour Les
Établissements Cogné, des importateurs
de cloches d’églises, jusqu’au jour de mon mariage.
LE COUP DE FOUDRE 
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Le 5 août
1957
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J'’ai connu mon mari
PIERRE la fin de semaine de la Fête du Travail (l956)
à l’hôtel Gray Rocks de Saint-Jovite dans les Laurentides.
Je crois bien qu’on peut appeler ça le coup de foudre
car onze mois plus tard, soit le 5 août l957, on prononçait
le "oui" pour le meilleur et pour le pire.
Petit mariage dans l’intimité avec les parents et quelques
amis à l’église Saint-Esprit de Rosemont, autrefois Ste-Philomène.
Je me souviendrai toujours de la remarque faite par la
soeur de Pierre à des amis lors de la réception qui suivit
le mariage : « Ces deux-là, s’ils veulent avoir
des enfants, ils sont mieux de faire ça vite ».
J’avais alors vingt-sept ans et Pierre, trente ans.
Pour la première fois, croyez-le ou non, nous partions
seuls en voyage de noces pour faire le tour de la Gaspésie.
Que de beaux souvenirs!